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Bonjour,

Aujourd'hui nous entamons une nouvelle rubrique et laissons les auteurs de La voie s'exprimer sur le travail qui aboutit â ce qu'ils vous proposent ensuite de lire. C'est tout naturellement au plus éclectique de tous que j'ai confié la premiere série, Olivier Decèse !

    "J'ai la délicate tâche d'ouvrir une nouvelle rubrique pour La voie de Calliopé : parler de la façon dont un auteur travaille. Ce que je vais tenter de faire avec sérieux de mon mieux. Tâche délicate car il n'existe pas une façon de procéder, mais de multiples et que, personnellement, j'en ai testé plusieurs. Je pense que beaucoup d'auteurs se reconnaîtront à travers ces lignes, tout en ayant quantité de petites manies différentes. J'espère que cette description parviendra à montrer l'unité dans la diversité.
Ayant déjà écrit une vingtaine de romans, et que pour chacun je m'y suis pris plus ou moins différemment, le travail risque d'être long et ardu. C'est pourquoi il me faut d'emblée établir un plan de travail, afin de ne pas m'éparpiller : commencer par les généralités, pour ensuite voir les particularités.
Tout d'abord je vais expliquer la façon dont je m'y prends pour écrire la plupart de mes textes. J'écris toujours en premier à la plume. Je fais souvent un ou deux brouillons (avec une consommation effroyable de stylos et de feuilles de papier!), puis je remets le tout au propre sur de belles pages quadrillées (brouillons souvent écris à l'encre bleue, et le propre à l'encre noire, tandis que les notes sont parfois en rouge ou en vert). J'attends le plus souvent quelques jours avant de mettre au propre mes brouillons. Avec le recul cela permet d'avoir un œil neuf sur la production. Enfin je retravaille une nouvelle fois le texte quand je le rentre dans l'ordinateur (en général je ne modifie pas grand-chose, juste quelques retouches, des rajouts et des corrections). Il ne me reste plus alors qu'à faire des relectures pour me corriger (le plus souvent quand tout est fini, mais pas toujours, surtout les longs textes ou la prose).

Venons-en maintenant à mes journées d'écriture.
Tout d'abord je m'impose des règles et un emploi du temps bien défini (que j'essaie de maintenir le plus possible) qui peuvent être vus comme des rituels (moi qui ai horreur des habitudes, me voilà bien servi, mais j'essaie de m'y tenir, car il n'y a rien de plus facile que de se laisser aller et de repousser les choses à plus tard).
J'ai fait en sorte d'avoir très peu de contraintes dans la vie pour faire ce qu'il me plait (avantage de vivre seul). C'est pourquoi il est important d'avoir des règles. Je me force à écrire tous les jours, un minimum. Peu importe sur quoi, du moment que je gratte un peu de papier, avec de préférence un suivi sur ce que je suis en train de produire. Mais comme vous le savez, il y a des jours avec et des jours sans. Le plus dur c'est de s'y mettre. Une fois qu'on a démarré, en général la suite vient tout seul. (je n'ai encore jamais connu la page blanche, non, c'est le temps qui me manque pour écrire tout ce que j'ai dans la tête!)

À présent voyons un exemple de journée type, quand rien d'imprévu ne vient tout perturber (ce qui arrive peu).
Je me lève le matin (entre 8 et 9 heures) ; je déjeune ; puis je me mets sur l'ordi pour jouer un peu (environ trois quart d'heure – une heure). Ensuite pause café et première clope de la journée, suivi du démarrage. Je me repositionne devant mon clavier pour entrer les textes manuscrits dans la machine (cela me prend entre une heure et une heure et demi). Après une nouvelle pause clope-café, je me remets devant l'ordi pour m'occuper de mes réseaux sociaux (relevé de mes mails, Fb et Twitter, blog...). La partie que j'aime le moins, il faut avouer (là je me force beaucoup ; même temps que pour rentrer les textes)

* Petit aparté : je ne suis pas un gros fumeur (actuellement une dizaine par jour) mais un grand buveur de café. Je fais peu d'excès. Je ne mange plus beaucoup, essentiellement des salades (été comme hiver), avec quelques fruits et des gâteaux (gourmandise oblige) et de temps à autre de la soupe (en hiver), des pâtes, une pizza ou une jardinière de légumes..

Après un brin de toilette (plus ou moins long, les jours où je dois me raser, car je n'aime pas ça ; je sors pour me rendre au café écrire mes nouveaux textes (là encore j'ai mes habitudes, mais je peux changer en fonction de ce que j'ai à faire à côté). Je reste écrire (et papoter) entre une et quatre heures tous les jours.

Puis je rentre à la maison, voir des amis, faire des courses, le ménage, jardiner ou bricoler, etc. (inconvénient de vivre seul, on doit tout faire sois-même). Le soir je regarde un film en mangeant (si je n'ai pas de sortie prévue ; en règle générale je regarde peu la télé, je déteste toute la pub qu'ils nous balancent, je préfère me mater un dvd, ou un film que j'enregistre de temps à autre ou encore un documentaire historique sur Arte ou genre « des racines et des ailes »). Pour finir je me mets au lit (seul) pour lire une petite heure (parfois plus) avant d'éteindre (aux environs d'une heure).
Il m'arrive de reprendre le stylo pour noircir du papier, parce qu'à tout moment il peut me venir une idée qu'il ne faut absolument pas remettre à plus tard, au risque de la perdre (de ce fait j'ai quasiment tout le temps de quoi écrire sur moi ou à portée de main). Cela m'arrive souvent quand je bricole ou jardine, quand je fume une cigarette dans le jardin sans rien faire d'autre (cad sans musique) ou en me rasant. En fait, dès que l'esprit est au repos, les pensées en profite pour s'agiter et vagabonder vers toutes sortes de contrées non définies.

Pour conclure cette première partie, j'ai calculé pour m'amuser, en travaillant 7 jours sur 7, sans les extras, que je faisais facilement mes 35 heures par semaine. Et souvent bien plus, car il m'arrive aussi parfois d'écrire plus de dix heures dans la même journée, comme lorsque je pars seul quelque part. (quand on aime on ne compte pas de toute façon!)
Il doit m'arriver de ne pas écrire une vingtaine de jours par an, pour des fêtes, des journées de voyage, aider un ami après une décrue...   

          La prochaine fois je vous parlerai de la façon dont me viennent les idées, mes inspirations, mes recherches, mes outils de travail et des cas par cas (comment j'ai écrit chaque livre). J'aurai un long paragraphe à composer sur les raisons pour lesquelles j'écris au café. D'ici là, bonne lecture à tous."

Ocèse

Tag(s) : #Voix d'auteur
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